Jurgen Willems

Travail dans la police = cours accéléré d'instruction civique

Jurgen Willems (34 ans) avait 18 ans lorsqu'il a commencé comme agent auxiliaire à la police. Seize ans plus tard, il est inspecteur principal dans la zone de police de Bruxelles-Capitale, dont il est le ‘chef de la planification’. Il gère le planning de ses agents, envoie des patrouilles lors d’événements, se rend sur place au besoin ou suit les interventions par radio. Il exerce également des contrôles de qualité sur les procès-verbaux et est à l'écoute de son équipe, à qui il apporte aide et conseil. « Ce n'est qu'en étant présente que la police peut avoir un impact majeur sur la sécurité dans un quartier ou une rue. Il est donc important de ‘connaître’ les endroits difficiles et de déployer les effectifs le plus stratégiquement possible. »

Le fait que Jurgen ait commencé comme agent auxiliaire lui donne une grande crédibilité. En d'autres termes, il connaît les ficelles du métier. Et il est toujours aussi passionné. « Choisir un emploi dans la police, c’est opter pour la variété et la diversité : des petites interventions aux grands événements ou de l'administration à l'action. Il est donc crucial d'attirer des collègues motivés, car un policier ou une policière revêt une grande responsabilité sociétale. »

Objectif et défis

Cette grande responsabilité sociétale n’est pas accordée si facilement. Chaque candidat doit se soumettre à une procédure de sélection rigoureuse, mais transparente. Les tests cognitifs évaluent les capacités de raisonnement abstrait, numérique et verbal, les tests physiques déterminent la condition du candidat et les tests de personnalité sont utilisés par la police pour découvrir la personne qui se cache derrière le nom. Il peut s'agir d'un test du bac à courrier (nettoyage d’une boîte mail bondée), d'un test de jugement situationnel, d'un test permettant de voir comment on interagit avec d'autres personnes dans un groupe, d'une conversation individuelle avec un psychologue et d’un questionnaire psychologique à remplir. Cette série de tests est suivie d'un examen oral devant une commission de sélection et d'un examen médical. En moyenne, la procédure de sélection dure entre sept et dix/douze mois, selon le groupe linguistique. Une ‘fast track’, dans le cadre de laquelle de nombreuses recrues sont formées sur un court laps de temps, est également possible sous certaines conditions. Jurgen estime que la procédure pourrait être plus courte, mais « cela ne change rien au fait qu'une bonne préparation au travail est d'une importance vitale. On travaille en effet avec des gens et pour des gens ».

Jurgen lui-même a participé à plusieurs procédures de sélection au cours de sa carrière. « C’est toujours passionnant. Chaque fois que je lisais mon dossier après une procédure, j'avais une idée précise de mes connaissances et de mes aptitudes. En d'autres termes, les tests révèlent vraiment vos compétences. »

Un candidat doit-il avoir un parcours préalable ou des connaissances spécifiques pour réussir dans la police ? « Je ne pense pas que le parcours préalable parfait existe. Peu importe que vous arriviez à la police sans diplôme d'études secondaires, comme moi, ou avec un master en criminologie. Quiconque a l’envie et la motivation de se lancer doit le faire. »

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Rôle sociétal

Quand il avait dix-sept ans, Jurgen en avait assez de l'école. Mais la police le tentait bien. Il a saisi sa chance et a eu l’occasion de progresser. « Ce n'est certainement pas facile, car il faut réussir les différentes épreuves de sélection. » Toute personne titulaire d'un diplôme universitaire peut postuler directement au poste de commissaire. Dans cette fonction, on dirige des agents qui connaissent mieux le ‘terrain’ que soi. « C’est loin d'être évident. Mais il y a de bons exemples dont on peut s’inspirer. »

Jurgen est conscient de l’important rôle sociétal de la police. En tant que ‘jeune recrue’ de 18 ans, il ne connaissait que peu de choses de la vraie vie. Aujourd'hui, grâce à ses contacts avec les habitants, il a une bonne idée des conditions de vie, de logement et de sécurité dans la capitale. Il est fier d'avoir une image réaliste des problèmes complexes auxquels les gens sont parfois confrontés et du rôle que la police peut jouer à cet égard. « L'une des qualités les plus importantes pour un nouveau venu dans la police est la conscience de son rôle dans la société. »

Des opportunités d'emploi pour tous

Tels sont les messages qu’il souhaite passer aux jeunes à l’occasion de Young Talent in Action XXL. « Qu'attend-on d'un jeune policier ou d’une jeune policière lors d’une intervention ? Jouer les médiateurs ? S’interposer ? Il s'agit à chaque fois de mettre dans la balance, de manière réfléchie, les risques potentiels d'une intervention, l'intérêt sociétal et – ce qui n'est pas sans importance – la nécessité de faire abstraction de son propre intérêt. »

Ceux qui ont une excellente condition physique, à l’instar du cycliste Remco Evenepoel, augmentent leurs chances de succès à la police. Mais, en réalité, toute personne ayant une bonne condition physique de base peut réussir les tests. « Nous avons aussi beaucoup de postes vacants où la condition physique est moins déterminante. Il ne faut pas se laisser impressionner par les histoires de gros bras. Pour ma part, j'enseigne à l'école de police d'Ixelles et je fais office de mentor pour les jeunes agents. » Il est d’ailleurs un mythe que les hommes sont par définition plus susceptibles de réussir que les femmes, en raison des exigences physiques du travail. « J'ai moi-même effectué beaucoup de patrouilles avec des femmes. Leur présence a souvent un effet dissuasif : les situations dérapent moins rapidement ou peuvent être désamorcées sans violence. D'une manière ou d'une autre, les femmes génèrent plus de calme lors d’une intervention. Et le plus beau combat est assurément celui qu’on peut éviter. »

De plus, il n'existe pas de profil policier tout-en-un. « Nous offrons des possibilités d'emploi pour tous, depuis les agents jusqu'aux spécialistes des TIC qui luttent contre la cybercriminalité. Parler plusieurs langues, comme le français, le néerlandais, l'anglais ou l'arabe, n'est pas une nécessité, mais c'est un atout absolu pour un corps de police dans notre capitale. » La police recherche principalement des généralistes, des gens ayant une large employabilité. Peut-être est-ce votre cas…

Inspiré(e) par l'histoire de Jurgen ?

La police organise une session d'informations le 12 août prochain à 13h à Saint-Gilles, Bruxelles. Ne rate pas cette occasion d'en découvrir plus sur les nombreuses opportunités au sein de la police !

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