Les jeunes et leurs parents inquiets redoutent de plus en plus le ‘spiking’, le fait d’administrer de la drogue dans la boisson de quelqu’un à son insu. Cinq étudiants se sont mis au travail et ont trouvé une niche sur le marché : ils ont conçu des pailles qui détectent les drogues.
Dans le cadre d’un projet scolaire à l’école supérieure UCLL, les étudiants devaient inventer un produit nouveau. La plupart d’entre eux développent une nouvelle boisson ou un projet en rapport avec la nourriture, mais l’équipe de Rania Jarnija (22 ans), composée de cinq personnes, voulait avoir un impact social. En effet, ces étudiants étaient préoccupés par l’augmentation constante du nombre de viols ou d’agressions liés au ‘spiking’. Pour éviter que quelqu’un n’introduise de la drogue incognito dans un verre, Rania, Tara Francois (19 ans), Gwendoline Bonami (19 ans), Casper Robijns (21 ans) et Arno De Smet (22 ans) ont conçu une paille qui permet de détecter la présence de drogue.
Forte intensité de main-d’œuvre
La solution est ingénieuse dans sa simplicité : accrocher une bandelette de test à des pailles compostables. Il suffit d’immerger la paille jusqu’au fond du verre. Si le liquide contient des substances illicites, la bandelette devient orange ou bleue après quelques secondes. L’orange indique la présence de kétamine, le bleu la présence de GHB.
Les cinq étudiants achètent les bandelettes existantes auprès d’un fournisseur et les fixent sur la paille, manuellement pour l’instant. « Très forte intensité de main-d’œuvre. Nous avons fabriqué 250 pailles que nous avons vendues sur Instagram et sommes actuellement en rupture de stock », explique Rania. « À l’avenir, nous voulons automatiser et externaliser le processus de production. »
Leur ambition est que chacun ait bientôt sur lui un sachet de pailles ‘Check-it’. Un festival aux Pays-Bas a déjà demandé leur vente à un stand d’information. « Nous voulons que les grandes boîtes offrent d’office nos pailles avec leurs cocktails. C’est plus cher, mais c’est aussi une bonne publicité. Elles donnent ainsi le signal : ici c’est sûr et on s’attaque au ‘spiking’. »
Continuer à s’améliorer
Si vous aimez faire la fête, il n’est pas réaliste d’utiliser une nouvelle paille pour chaque verre. Les cinq étudiants en sont conscients. « Nous en prenons toujours plusieurs. Nous ne testons que lorsque nous avons perdu de vue notre boisson ou lorsque nous sentons que le barman est un peu bizarre. Nous nous fions à notre intuition. »
Il existe également d’autres innovations qui luttent contre ce phénomène. Notamment les couvercles de gobelets qu’on peut placer sur un verre ou les bandelettes de test ordinaires. « Les jeunes ne les utilisent pas parce que ce n’est pas discret. Et par crainte de réactions du genre : ‘Profite simplement de ta soirée. Ne t’inquiète pas trop’. C’est pourquoi la discrétion était pour nous le point de départ. Personne ne s’étonne de vous voir prendre une paille. »
Sauf si vous la mettez dans un verre de bière, bien sûr. L’équipe souhaite continuer à améliorer son produit. Elle souhaite par exemple apposer un code QR sur l’emballage afin que les consommateurs puissent signaler un test positif et le café où cela s’est produit. « De cette manière, on recueille davantage de données factuelles, qui font souvent défaut aujourd’hui parce que les gens ne portent pas plainte. La police peut utiliser ces données pour demander des images vidéo du café concerné et retrouver l’auteur des faits. »
Les pailles sont emballées par cinq. Elles sont à usage unique et restent valables cinq ans dans leur emballage. Vous pouvez les commander sur www.check-it.be
Le 23 mars 2025 | Johan Van Praet
Source : Chloë Stylemans dans Het Nieuwsblad