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L’intelligence artificielle (IA) au travail

Aussi surprenant que cela puisse paraître, seuls trois jeunes sur dix utilisent l’IA dans un contexte professionnel, bien qu’ils soient déjà familiarisés avec cette dernière. Peut-être leur emploi n’en permet-il pas (encore) l’usage ? Ou est-ce causé par l’absence d’une politique claire ?

Depuis 2019, la Fédération des entreprises de Belgique réalise l’enquête « Bridging the Future », en collaboration avec iVox, afin d’obtenir un aperçu des attentes des jeunes et des employeurs concernant toute une série de sujets. Cette année, l’accent a été mis sur la place de l’IA dans le monde professionnel. 

Cela fait sens étant donné que l’intelligence artificielle s’impose de plus en plus dans notre vie quotidienne, aussi bien à la maison qu’au travail. Les chiffres issus de notre enquête montrent que les jeunes sont familiarisés avec l’IA. Plus de 85% d’entre eux déclarent connaître au moins une application basée sur l’IA et 84% en font déjà usage. Mais seuls 30% des jeunes ont recours à l’IA dans un contexte professionnel.

Pas de précipitation

On ne peut que spéculer sur la cause de ce phénomène (cette question n’ayant pas été abordée dans l’enquête), mais on peut dire avec certitude que les entreprises et les organisations sont prudentes quant à l’introduction de l’IA. Intégrer de nouvelles technologies (en ce compris l’intelligence artificielle) ne s’improvise pas. Le processus doit s’inscrire dans la stratégie de l’entreprise et se conformer à la législation existante (par exemple, le règlement européen sur l’intelligence artificielle, connu sous le nom d’AI Act).

Le déploiement d’une nouvelle technologie, y compris l’IA, nécessite du temps et est réalisé de préférence en cinq étapes(*) par une équipe dédiée :

  1. Sensibilisation
  2. Analyse conjointe des opportunités et des risques
  3. Élaboration de stratégies
  4. Mise en œuvre de mesures concrètes
  5. Suivi régulier

L’élaboration d’une politique permet à l’entreprise de respecter ce cadre et ces différentes étapes. Cette politique devra par ailleurs inclure un certain nombre de principes, tels que le contrôle humain, la légalité, l’équité, la transparence, la sécurité, la confidentialité, la responsabilité, la non-discrimination, mais également l’éthique et la durabilité (à la fois sur le plan technique et social).

Sans l’homme, l’IA ne vaut rien

Digitaliser pour digitaliser est loin d’être une bonne idée. L’intégration de l’IA au sein d’une entreprise doit, d’une part, répondre aux besoins et à la stratégie de cette dernière. D’autre part, et ce point est essentiel, les technologies de l’IA ne présentent aucun avantage en l’absence des compétences humaines nécessaires pour les concevoir, les développer et les compléter. En bref, l’humain joue un rôle central. En d’autres termes, les employeurs doivent attirer ou former le bon talent s’ils veulent introduire l’IA dans l’entreprise de façon judicieuse et profitable, de sorte que chacun soit (et veuille être) impliqué dans le projet. 

L’introduction de l’IA va donc bien au-delà de la simple acquisition d’outils technologiques. Elle requiert en réalité une approche stratégique qui doit tendre vers les objectifs généraux de l’entreprise.

Que ces objectifs concernent la clientèle, de nouveaux services ou produits, l’excellence opérationnelle ou l’optimisation des coûts, la stratégie numérique à poursuivre sera systématiquement différente et s’inscrira dans une vision à long terme. En résumé, nul besoin d’agir dans la précipitation. 

(*) Pourquoi 5 étapes ? Consultez le rapport « European social partners framework agreement on digitalisation »

 

Date: 17/12/2024 | Auteur : Johan Van Praet

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